Mercredi 12 février 2014 3 12 /02 /Fév /2014 15:04

Présentation : S***, une Cité-État imaginaire, une dictature policière, quelque part en Europe. Lydia Hagen vit dans la nostalgie de son passé. Elle fait la connaissance de Marina Zaïetseva, qui, mue par l’ambition, convoite Iouri Stoltz, premier adjoint du ministre de l’Ordre, possible futur chef de l'État et traqueur obsessionnel de terroristes qui veulent anéantir l'ordre établi. Mais Stoltz se prend d’intérêt pour Lydia Hagen qui se soumet à lui, corps et âme. Manipulations, rivalités politiques, attentats terroristes, relations de domination-soumission, complots, quêtes de reconnaissance sociale ou affective, assassinats, sont les composantes principales de ce roman, le premier d'une trilogie.

 

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Mon avis :  S*** a beau être imaginaire, elle n'en possède pas moins une "réalité" rendue tangible par le pouvoir évocatoire de l'écriture de Françoise Nore. C'est une ville hybride, à moitié germanique par son romantisme noir, que n'aurait pas renié un "jeune Werther", et à moitié slave, par son pessimisme à fleur de pierre. Cette cité-état peut être considérée comme un personnage à part entière dans le récit, sans doute le personnage le plus important. Fortement enracinée dans le passé, elle semble immuable, construite pour durer ad vitam aeternam. Depuis des siècles, les hommes ne font que passer à travers elle : "On pouvait mourir, les pierres ne bougeraient pas."
Face à cette pérennité de la pierre, toute action humaine relève de la vanité. Et pourtant, il y a dans cette ville de S*** des hommes et des femmes qui se débattent, pauvres insectes, pour laisser une empreinte. Ils rivalisent pour une place au soleil en politique, se blessent au jeu de la domination-soumission, ou se perdent dans des actions terroristes qu'ils croient justes.
Tout au long de l'histoire s'opposent deux forteresses ; celle, immatérielle, du passé, avec sa cohorte de souvenirs que l'on ne doit pas laisser s'effriter — car leur mort signifierait le dépouillement ultime, menant droit à une insupportable solitude — ; et celle, bien réelle, de S***, décrite comme un fantôme de pierre prisonnier d'une nuit quasi perpétuelle, mêlée de brouillard, de pluie glacée ou encore de neige. La forteresse de pierre semble plus solide que celle du passé. En réalité, des menaces pèsent sur elle, qui pourraient la fragiliser, voire l'anéantir... Les attaques terroristes la blessent, les collines qui la surplombent, si elles s'écroulaient, la détruiraient entièrement. On ne peut s'empêcher d'y déceler un parallèle avec la destinée des hommes...
Les personnages empruntent à ce décor plutôt glauque leurs propres teintes grises et froides. Chacun d'eux est comme une facette taillée dans le matériau le plus sombre de l'âme humaine, chacun d'eux est une facette du même diamant noir. Mais ils ne le savent pas, ou ne veulent pas l'admettre.
Rivalités, luttes intestines et solitudes entrelacent leurs notes pour former la trame du récit. Si l'on tend attentivement l'oreille à la musique des mots, on en percevra d'autres, bien plus discrètes, mais qui participent tout autant à l'ensemble, en le cimentant d'une touche d'émotion nostalgique, engendrée par la nécessité de l'adieu à la jeunesse, partie intégrante du passé — et par conséquent, la nécessité de l'expérience de son deuil. Lorsque surgit comme une illumination l'idée de notre appartenance au monde des vivants, et par là même à celui de l'inconnu, on ne peut que se sentir presque condamné à renoncer au baume rassurant du passé, malgré le risque de solitude évoqué plus haut. Cela afin de redécouvrir le plaisir, "[...] nié pendant toutes ces années perdues dans l'illusion du passé." Être vivant, c'est connaître le plaisir.
En résumé, Les Égarés envoûtent aussi irrésistiblement que le chant d'une Loreleï. Jusqu'à la dernière phrase, on se délecte de la plume ciselée, ô combien poétique, inspirée et inspirante, de Françoise Nore. À découvrir d'urgence. 

© Marie Fontaine

 

Pour en savoir plus sur l'auteur, visitez son blog, Littérature et linguistique...

 


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Vendredi 6 décembre 2013 5 06 /12 /Déc /2013 19:02

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Ma série  Terra Divina est l'un des titres de la Collection Pulp, éditée par La Boudonnaye Editeur numérique.

Premier épisode gratuit, les suivants à 0,99 €.

En vente sur tous les sites de vente en ligne.

 

Synopsis :

Lisandru et Catarina Caitucoli, époux nonagénaires à tendance increvables, règnent sur leur clan ainsi que sur leur domaine, la Terra Divina, une magnifique cerisaie. Pourtant, leur business ne leur rapporte pas que des queues de cerises. Et personne ne s’aviserait de venir fourrer son nez dans les affaires blanc comme coke de ces vieux mafieux. Jusqu’au jour où un gars de la famille Abbruzzi entraîne avec lui dans une mort « explosive » le lieutenant de Lisandru.

Flanqués d’une petite-fille vierge comme l’huile d’olive mais chaude comme la braise, d’un fils marié à une insupportable Irlandaise, d’ennemis cachés qui ressurgissent du passé et de fantômes a priori bienveillants, les Caitucoli auront fort à faire pour démêler le vrai du faux et comprendre pourquoi Orsu Abbruzzi leur a déclaré la guerre. Au cours du combat, certains de leurs propres secrets éclateront au grand jour. Catarina découvrira à ses dépens qu’on peut passer une vie entière aux côtés du même homme sans vraiment le connaître.

Au menu de cette tragédie jubilatoire dans laquelle les macchabées tombent comme des bigarreaux : clafoutis et vendetta.

Euh… non, pas clafoutis. 

 


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Dimanche 18 août 2013 7 18 /08 /Août /2013 12:33

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Dans un pays contemporain, ni tout à fait la France, ni tout à fait un autre, où les lieux nous semblent familiers sans pour autant être réels, des personnes meurent subitement, au moment où elles s'y attendent le moins. Des personnes que nous pourrions tous croiser au cours de nos vies, et que nous serions tentés de tuer avec joie et délectation, tant leur bêtise est incommensurable. Toutes ces morts auraient de fortes chances de passer pour naturelles, donc inaperçues, et rester impunies, si une voix ne s'était mis en tête d'aiguiller les soupçons vers celui qui les provoque...
Et vous, si vous pouviez vous débarrasser en toute impunité de tous les indésirables qui plombent votre existence, passeriez-vous à l'acte ?
Gemini est porté au fil des pages par un humour cynique, jubilatoire. Mais derrière le sourire affleure le constat alarmant de notre déshumanisation galopante, dans un monde à bout de souffle, où aujourd'hui, tuer n'est pas plus absurde que vivre...

 

Disponible à la vente sur ce site C L I C !

Téléchargez l'extrait gratuit pour vous faire une idée...

 

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Samedi 3 août 2013 6 03 /08 /Août /2013 09:29

 

Regards sur le genre humain portés

depuis la caisse d'une grande surface imaginaire.

 

Des petits jeunes à soutenir, regardez, partagez leurs vidéos, sans modération

 

D'autres courts-métrages sur leur chaîne Youtube SCREEN ADDICT FILMS

 

Parodie de Starwars dans le prochain épisode...

 

 

 


 

 

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Mercredi 31 juillet 2013 3 31 /07 /Juil /2013 16:53

 

Honneur aux dames ! Commençons par Claire Roig et son premier ouvrage, Les mains coupées... 

      Il est des lieux qui nous habitent, bien plus que nous les habitons,

des lieux sur lesquels déteint notre âme, qui en gardent forcément les mains coupées
une part lorsque nous les quittons.
C'est face à cette situation que débute ce court roman :
la narratrice doit quitter un appartement qu'elle occupe depuis treize ans.
Vient alors le sentiment de s'embarquer sur un bateau ivre :
la vie tangue et l'on perd tout repère. Comment se retrouver ?
Comment rester à flot ? En se raccrochant à l'ancre des mots.
S'ensuit un long monologue intérieur, au cours duquel la narratrice
passe de je à tu, puis à elle, ne sachant plus trop qui elle est vraiment.
La forme plurielle pour se parler à elle-même recrée parfaitement
l'impression de confusion dans laquelle elle se débat.
Les mots sont lâchés, coulent en un torrent
irrésistible que rien ne semble pouvoir arrêter.
Ils recréent le passé, douloureux, et tentent de colmater le présent.
Ils se déposent sur le papier et posent la question du "pourquoi écrire ?",
qui torture tant les vrais auteurs... Les mains coupées ne peuvent pas écrire...
Au final, cet ouvrage est un envoûtant chant d'adieu, tout
en prose poétique, comme une chrysalide vide que l'on abandonnerait
derrière soi, pour enfin s'envoler vers le cadeau de la vie.

 

Autre auteur, Vincent Virgine, son roman :  Un roman avec Barbara

un-roman-avec-barbara.jpg

Un drôle de récit qui ne s'embarrasse d'aucune fioriture, pour se brancher directement dans la sensibilité du lecteur. Les pensées du narrateur sont livrées brutes de décoffrage,comme si elles étaient

capables, au fur et à mesure de leur éclosion, de s'inscrire par leur propre volonté sur les pages blanches d'une histoire en pleine genèse.On lit un roman dans un roman, cette mise en abyme permettant tous les jeux possibles pour mettre en valeur les difficultés (la souffrance ?) de l'invention littéraire. L'auteur va même jusqu'à surligner en jaune fluo, un passage de son récit,comme une invitation à regarder par-dessus son épaule, alors qu'il est en pleine création. L'ensemble fait l'effet d'une improvisation, pourtant tout est calculé, au mot près, comme un morceau de jazz (les références à ce style musical ne manquent d'ailleurs pasdans le récit), la mise en page donnant le rythme par ses blancs qui sont comme autantde silences, de respirations. Ajoutez à cela un œil constamment aux aguets, capable de capter la moindre scène, en apparence banale,
pour en restituer toute la saveur humaine au moyen de l'écriture, et vous obtiendrezun roman qui respire et transpire l'air de son époque. Pour finir, il offre en prime une très intéressante réflexion sur la métamorphose d'un style. En résumé, un livre qui s'attache à allier la forme et le fond, ce qui apporte incontestablement un plus à la crédibilité de l'auto-publication.

 

© Marie Fontaine

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