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Publié le par darklimelight

 

Honneur aux dames ! Commençons par Claire Roig et son premier ouvrage, Les mains coupées... 

      Il est des lieux qui nous habitent, bien plus que nous les habitons,

des lieux sur lesquels déteint notre âme, qui en gardent forcémentles mains coupées
une part lorsque nous les quittons.
C'est face à cette situation que débute ce court roman :
la narratrice doit quitter un appartement qu'elle occupe depuis treize ans.
Vient alors le sentiment de s'embarquer sur un bateau ivre :
la vie tangue et l'on perd tout repère. Comment se retrouver ?
Comment rester à flot ? En se raccrochant à l'ancre des mots.
S'ensuit un long monologue intérieur, au cours duquel la narratrice
passe de je à tu, puis à elle, ne sachant plus trop qui elle est vraiment.
La forme plurielle pour se parler à elle-même recrée parfaitement
l'impression de confusion dans laquelle elle se débat.
Les mots sont lâchés, coulent en un torrent
irrésistible que rien ne semble pouvoir arrêter.
Ils recréent le passé, douloureux, et tentent de colmater le présent.
Ils se déposent sur le papier et posent la question du "pourquoi écrire ?",
qui torture tant les vrais auteurs... Les mains coupées ne peuvent pas écrire...
Au final, cet ouvrage est un envoûtant chant d'adieu, tout
en prose poétique, comme une chrysalide vide que l'on abandonnerait
derrière soi, pour enfin s'envoler vers le cadeau de la vie.

 

Autre auteur, Vincent Virgine, son roman :  Un roman avec Barbara

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Un drôle de récit qui ne s'embarrasse d'aucune fioriture, pour se brancher directement dans la sensibilité du lecteur. Les pensées du narrateur sont livrées brutes de décoffrage,comme si elles étaient

capables, au fur et à mesure de leur éclosion, de s'inscrire par leur propre volonté sur les pages blanches d'une histoire en pleine genèse.On lit un roman dans un roman, cette mise en abyme permettant tous les jeux possibles pour mettre en valeur les difficultés (la souffrance ?) de l'invention littéraire. L'auteur va même jusqu'à surligner en jaune fluo, un passage de son récit,comme une invitation à regarder par-dessus son épaule, alors qu'il est en pleine création. L'ensemble fait l'effet d'une improvisation, pourtant tout est calculé, au mot près, comme un morceau de jazz (les références à ce style musical ne manquent d'ailleurs pasdans le récit), la mise en page donnant le rythme par ses blancs qui sont comme autantde silences, de respirations. Ajoutez à cela un œil constamment aux aguets, capable de capter la moindre scène, en apparence banale,
pour en restituer toute la saveur humaine au moyen de l'écriture, et vous obtiendrezun roman qui respire et transpire l'air de son époque. Pour finir, il offre en prime une très intéressante réflexion sur la métamorphose d'un style. En résumé, un livre qui s'attache à allier la forme et le fond, ce qui apporte incontestablement un plus à la crédibilité de l'auto-publication.

 

© Marie Fontaine

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