Challenge "Les agents littéraires" 1

Publié le par darklimelight

 

 

Critique du livre d'Isabelle Nail Arrouy, Le premier des fils, paru aux Editions Léda...

 

En finissant le roman d'Isabelle Nail et je me suis sentie l'âme en paix... Voilà ce qui pour moi est un livre plein : on ne reste pas sur sa faim la dernière page tournée, les mots qui le composent nous rassasient bien longtemps encore après leur lecture. Pourtant, que cette histoire est cruelle ! Dès les premières pages, l'on pressent la tragédie qui ne manquera pas au rendez-vous final. Elle se faufile entre les rires et la bonne humeur des convives à la fête donnée pour le mariage de Charles et Célestine. Le XIXème siècle s'achève. Quelque part dans la campagne angevine, la noce bat son plein. Célestine ne sait pas encore qu'en disant oui à Charles, elle épouse la pauvreté et son lot de médiocrités quotidiennes. Une pauvreté insupportable qu'elle supportera pourtant, car la révolte ne fait pas partie de son éducation. Abel, le premier des fils, naît avec le nouveau siècle. Mais aussi avec l'indigence de ses parents, qui toute sa vie lui collera à la peau. Elle seule est responsable de sa première chute, le vol impulsif d'une montre, que la société va très chèrement lui faire payer : enfer de la prison en France, puis enfer des Bat' d'Af' au Maroc. De Charybde en Scylla, Abel va s'effacer progressivement de la mémoire de sa famille, trop honteuse de sa « faute ». Avec une écriture posée, poétique, tendre, Isabelle Nail nous emmène jusqu'au bout de cette descente aux enfers. Ce n'est pas sans émotion que l'on découvre au fur et à mesure que les mots se déroulent, que la voix d'Abel finit par se substituer à la sienne. Mais ce n'est pas pour crier sa haine, pourtant bien légitime. Le premier des fils n'aspire qu'à retrouver sa place parmi les siens, par-delà la mort et la souffrance, par-delà le bien et le mal. Au final, une magnifique leçon d'humanisme...

 

 

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Marie Fontaine

 

Publié dans CRITIQUES LIVRES

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