Drive

Publié le par darklimelight

 

 

Drive (The Driver), de Nicolas Winding Refn, 2011, Thriller (USA).

 


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Il n’a pas de nom. On ne sait pas qui il est, d’où il peut bien venir, où il pourrait aller. Mais on sait ce qu’il fait : officiellement, il répare des voitures chez un garagiste qui l’a pris sous son aile et exécute des cascades en automobile pour des studios de cinéma hollywoodiens ; officieusement, à ses heures perdues, avec une redoutable efficacité, il fait le chauffeur lors de casses organisés par des truands. Entre son véhicule et lui, c’est à la vie, à la mort. Dire qu’il aime conduire serait un doux euphémisme. Il conduit comme il respire, il est parce qu’il conduit.

Bien plus qu’un prolongement de son corps physique, la voiture est ici mise en scène comme la projection dans le réel du mental du héros. Pas de noces organiques, à la manière de Cronenberg, entre la chair humaine et le métal de la machine, mais une fusion cérébrale, dis-moi comment tu conduis, je te dirai qui tu es.


 

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A partir d’une idée toute simple lancée par le réalisateur, filmer un type qui conduit en écoutant de la musique des années 80, se tisse la trame d’un drame noir, dégraissé jusqu’à l’os, digne des meilleures tragédies grecques antiques.

Longtemps on se demande si ce personnage (incarné par Ryan Gosling) quasi muet est humain, tant il apparaît lisse de toute émotion, déserté de toute pensée. Jusqu’au jour où il rencontre sa charmante voisine de palier, Irène (diaphane Carey Mulligan), maman d’un adorable bambin, hélas mariée à un homme qui purge une peine en prison pour un hold-up. Commence alors pour l’homme-voiture une lente et inexorable descente aux enfers.

Sa nonchalance parsemée d’éclats de violence inouïe, comme autant d’accélérations brutales au volant d’une voiture, l’incandescence de sa bande originale instantanément culte, l’onirisme de la fin, font de Drive un objet filmique étrange, qui envoûte de la première à la dernière image, qui imprègne le spectateur du malaise d’une question lancinante : la mort serait-elle la seule issue à la volonté de devenir humain ?

 

© Marie Fontaine

 

 


Publié dans FILM

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darklimelight 04/09/2012 01:33


"Au rendez-vous littéraire" : connaissez-vous les autres films de Refn ? La trilogie "Pusher" ; "Bronson" ; "Valhalla Rising" ? Tournés en-dehors des Etats-Unis, ils dégagent une incroyable
puissance...

Aux Rendez-vous Littéraire 30/06/2012 21:20


J'ai bien aimé ce film mais je m'attendais quand même à beaucoup mieux !!!


 


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