FRAGILE

Publié le par noirefontaine

Yasmin Murphy et Calista Flockhart. Castelao Producciones S.A.



Fragile, de Jaume Balagueró, 2005, épouvante.


En 2006, Isolation, de Billy O'Brien, et Fragile, de Jaume Balagueró, ont raflé à eux deux la totalité des prix décernés lors du 13ème Festival International du Film Fantastique de Gerardmer. Pourtant, en France, Fragile n'aura jamais les honneurs d'une sortie en salles. Ce qui est proprement scandaleux, au vu de la qualité de ce long-métrage.


Le décor est planté d'emblée sous le signe d'une mélancolie persistante, personnifiée par une pluie incessante. Amy, (interprétée par Calista Flockhart, impressionnante de douceur et de tourment) jeune infirmière remplaçante, arrive dans un hôpital pour enfants délabré. Les petits malades sont en cours de transfert vers des lieux plus modernes. Un contretemps oblige les derniers à rester encore quelques jours...

Balagueró prend tout son temps pour installer son film, et paradoxalement cela ne nuit en rien à l'intrigue, bien au contraire. On se laisse prendre au malaise, scène après scène, captivés par le jeu des caméras subtilement subjectives. Au début il ne se passe rien, ou presque... Mais ce rien est filmé avec une telle passion cinématographique, la suggestion de la peur, voire de l'épouvante, est si habilement dirigée, que l'on surprend notre coeur à battre un peu plus vite, un peu plus fort, au fur et à mesure que l'histoire se déroule, dans une tension palpable, jusqu'au paroxysme final.

Fragile joue sur la gamme de tous les sentiments, toutes les émotions. Sa carte maîtresse, c'est le traitement psychologique des personnages, d'une justesse sans bémol. Il tire toute sa force d'une peinture toute en nuances des caractères, sans jamais s'appesantir inutilement. On devine Amy rongée par la culpabilité, en proie à un traumatisme découlant d'une faute professionnelle qu'elle aurait commise ailleurs, un peu plus tôt. Mais là où un réalisateur américain se serait régalé à en rajouter une couche, Balagueró, reste dans la subtilité, dans le pouvoir de suggestion du non-dit. Au spectateur de rêver le film...

Un énième film de fantômes ? Oui, mais celui-ci fait frissonner, de la première à la dernière image, tout autant de peur que d'émotion. Inoubliable image de fin sur le sourire radieux d'une enfant, qui arrachera des larmes aux plus sensibles.

Qu'a-t-il bien pu passer par la tête des distributeurs français pour avoir carrément privé ce film d'une sortie en salles ? Ce sont pourtant des longs-métrages de cette qualité-là qui pourraient faire sortir le septième art de son état fragile...


© Marie Fontaine


 


 

Calista Flockhart et Yasmin Murphy. Castelao Producciones S.A.



Publié dans FILM

Commenter cet article

rover 21/07/2011 17:36

Wow, très bon travail, grand merci pour vos idées et notez dans un premier temps que je "plussoie" complètement votre point de vue ! Bref, votre article est vraiment bon, etplus spécialement pour les novices comme moi.

Location voiture Marrakech 24/06/2011 18:32

Location voitureMerci pour ce regard qui donne bien envie de découvrir ce film

beachhotel 18/06/2011 13:53

Hello, lecteur habitué de ton blog, je me decide enfin a venir vous poser un succinct mot d'encouragement car j'ai souvent beaucoup de joie à vous dévorer. A bientôt pour vos magnifiques articles.

blog commenting service 15/02/2011 19:21

reUn énième film de fantômes ? Oui, mais celui-ci fait frissonner, de la première à la dernière image, tout autant de peur que d'émotion. Inoubliable image de fin sur le sourire radieux d'une enfant, qui arrachera des larmes aux plus sensibles.

Sarah Babs 14/02/2011 07:03

hiIl tire toute sa force d'une peinture toute en nuances des caractères, sans jamais s'appesantir inutilement.