Inglorious Basterds

Publié le par darklimelight

 

 

 

Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino, 2009, guerre (USA)



Dans la France occupée de 1940, au coeur d'un joli coin de campagne tranquille, une jeune femme (Mélanie Laurent dans le rôle de Soshana Dreyfus) assiste au massacre, par des soldats nazis, de sa famille cachée sous le plancher d'une ferme, protégée depuis des mois puis finalement trahie par le paysan propriétaire des lieux. Elle sera l'unique rescapée de la tuerie. Ce dénouement cauchemardesque se produit au terme d'une très longue scène d'interrogatoire, menée de main de maître par l'étonnant officier nazi Hans Landa ( interprété par le tout aussi incroyable Christoph Waltz), sur le ton léger et badin d'une conversation entre vieux amis. Voilà donc la scène d'ouverture du film plantée, admirable de tension et de perfection du jeu d'acteurs. J'attends la suite avec impatience... Mais... Cruelle déception ! Au risque de m'attirer les foudres des adorateurs de l'enfant terrible du cinéma américain, Quentin Tarantino, j'ose avouer que je me suis ennuyée comme un rat mort durant tout le reste du film...


 

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Mais où sont passés la maestria du réalisateur, son sens du rythme et de l'humour décalé ? Ses schémas narratifs biscornus (réduits ici à de poussifs flash-backs) ? Ses dialogues jubilatoires ? Certainement pas dans ces scènes qui se suivent et ne se ressemblent pas, qui s'éternisent gratuitement (l'introduction de « l'Ours juif » ! interminable va-et-vient entre des plans sur un tunnel sombre, par lequel arrive ce bourreau, et des plans sur le visage d'un soldat allemand fraîchement capturé, que l'on s'apprête à torturer...), ou encore dans ces ralentis qui n'en finissent pas d'en finir...

 

 

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J'ai cherché désespérément le grain de folie propre à Tarantino, ses savoureux clins-d'oeil cinématographiques, témoins de son amour du septième art, marques de fabrique de ces longs-métrages. J'ai cherché encore plus désespérément le pourquoi de ce film. Certes la photographie est belle, les décors soignés, la reconstitution de l'époque formidable... Mais cela ne suffit pas à hisser le résultat au rang de chef-d'oeuvre. Et ce n'est certainement pas la scène finale, lamentablement grotesque, qui relèvera le niveau. Ce qu'elle représente tient du fantasme : prendre au piège dans une même salle le Führer entouré de tous les officiers nazis pour les tirer comme des lapins... Grotesque et inutile. Le propre d'un fantasme est de ne jamais se réaliser. Pourquoi ce passage à l'acte de Tarantino ? Je me pose encore la question. Je n'ai vu dans ce finale qu'une insoutenable escalade dans la barbarie, les soi-disant « gentils » devenant plus barbares que les barbares eux-mêmes. Non, décidément, avec ce film, espérer secouer la pulpe relève de la fiction...

 

© Marie Fontaine

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palilia 17/09/2011 14:06


bonjour ! je n'ai pas vu ce film car au moment de l'acheter en DVD l'ami Ffred m'avait mis un mot "c'est pas un film pour toi" : j'ai donc pensé qu'il était trop violent et je l'ai écouté.Bon,
après avoir lu ta critique, je n'ai pas très envie de l'acheter mais rien ne dit que je ne le regarderai pas un jour car il a suscité parmi les blogueurs pas mal de commentaires au moment de sa
sortie


Christophe 17/09/2011 00:44


Je n'ai pas détesté ce film. J'aime la cinéphilie de Tarantino. Mais c'est un imposteur... Il emprunte beaucoup à d'autres cinéastes et n'a, in fine, pas de style...


Tching 16/09/2011 23:48


Pas d'accord du touuuuttttt ! ;-) J'ai trouvé le film maîtrisé de bout en bout, à l'image de la première séquence que tu as apprécié d'ailleurs. Tarantino livre là son meilleur film, et de loin. Le
principe du film tient là-dedans précisément : faire tenir quelque chose debout, qui ait de la gueule, qui soit beau, violent, exagéré, faux, ridicule et rêvé, et qui provoque quelque chose chez le
spectateur à partir d'un jeu, de la pure fiction, rien du tout. Cela demande en contrepoids une mise en scène et une réalisation parfaites, Tarantino l'a fait. Créer un chef-d'oeuvre pour rire...
Et la fin est non seulement réussie, mais bougrement ironique, et ne consiste pas tellement dans un crescendo dans la barbarie (ou alors précisément si, mais pour rire...)