L'empire des vampires

Publié le par darklimelight

 

 

Les origines du mythe du vampire, tel qu'il hante encore aujourd'hui l'imaginaire de tout un chacun, ne sont pas cinématographiques mais littéraires. Cependant, les deux s'épousent quasiment : en décembre 1895 a lieu la première projection (L'Entrée du train en gare de La Ciotat) des Frères Lumlière, inventeurs de cette machine à merveilles qu'est le cinématographe ; en 1897, à peine deux ans plus tard, paraît Dracula, de Bram Stoker. Naissance du mythe... Premiers balbutiements au cinéma...

 

 

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Les Vampires 1916 Louis Feuillade

 

 

 

1909 : Vampyr of the Coast (USA)

1912 : Vampyr Inn (court-métrafge suédois)

1913 : The Vampyr (USA)

1916 : en France, Louis Feuillade propose Les Vampires, feuilleton sans lien avec l'oeuvre de Stoker (ici, il s'agit d'un réseau du crime organisé dont les membres se sont eux-mêmes baptisés "les vampires") mais qui marquera les esprits, au point d'inventer un nouveau mot "vamp", préfiguration de la femme fatale.

 

 

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Nosferatu 1922 Murnau

 

 

Il faut attendre 1922 pour qu'enfin le mythe littéraire de Stoker prenne vie sur les écrans. Murnau offre au public son chef-d'oeuvre expressionniste : Nosferatu. Anecdote : bien que reprenant assez fidèlement l'intrigue du roman, Murnau, ne s'étant pas acquitté des droits d'auteur, a dû changer tous les noms pour son film. Le personnage inoubliable de Nosferatu est également son invention : il ne ressemble en rien au Dracula de Stoker. C'est le réalisateur allemand qui a eu l'idée d'en faire une créature qui craint la lumière du soleil.

 

 

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Bela Lugosi incarne Dracula 1931 Ted Browning

 

 

 

1931 : le cinéma (studios Universal) met en scène le personnage élégant et séduisant, imaginé à l'origine par Stoker. C'est Bela Lugosi, un émigré hongrois, qui joue le rôle de Dracula dans le film éponyme. Adhésion immédiate du public. Bela flirtera avec le succès durant dix ans puis viendra un total désintérêt pour son personnage chéri. Il sombrera dans la dépression et ne regagnera plus jamais le haut de l'affiche.

 

 

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Vampyr ou l'étrange histoire de David Gray 1932 Carl-Theodore Dreyer

 

 

1932 : Vampyr, de Carl-Theodore Dreyer, ne s'appuie pas sur le livre de Stoker mais va chercher ses sources du côté d'un personnage historique réel : la Comtesse Bathory (1560-1614) d'origine polonaise, qui a fait un temps régner la terreur en Transylvanie. Environ 600 jeunes filles auraient péri sur son ordre. L'aristocrate se baignait dans leur sang pour rester éternellement jeune. Cela lui valut le surnom de "Comtesse Sanglante".

 

 

1950-1960...

Les studios anglais de la Hammer rachètent à la Universal tous ses droits sur ses personnages fantastiques. En 1958, ils ressuscitent le mythe du vampire et en mettent plein la vue au public, grâce au Technicolor. Cette année-là, Peter Cushing incarne Van Helsing et Christopher Lee entre dans la légende en prêtant ses traits aristocratiques au Comte... Le film Le Cauchemar de Dracula reprend la structure épistolaire du roman. Il devient l'une de ses plus belles adaptations cinématographiques. Le succès est à nouveau au rendez-vous...

 

 

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Horror of Dracula Christopher Lee

 

 

1967 : L'hilarant Bal des Vampires, de Roman Polanski... (USA)


 

le_bal_des_vampires_the_fearless_vampire_killers_1967_.jpgLe Bal des Vampires 1967 Roman Polanski

 

 

 

1970 à aujourd'hui...

L'âge d'or du cinéma de studio finit par décliner. Mais le personnage du vampire n'en finit pas de nous fasciner. Depuis les années 70, de nombreux films leur ont été consacrés. Petit aperçu...

 

1974 : Rage, David Cronenberg (canadien)

1976 : Frissons, David Cronenberg (canadien)

1978 : Martin, George A. Romero (USA)

1983 : The Hunger, Tony Scott (britannique)

1992 : Innocent Blood, John Landis (USA)

1996 : Une Nuit en enfer, Robert Rodriguez (USA)

1998 : Vampires, John Carpenter (USA)

2008 : Morse, de Tomas Alfredson (suédois)

 

Dans ces films, chaque réalisateur, à sa façon, se confronte au mythe, en donne une intéressante relecture.

 

 

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Anne Parillaud dans Innocent Blood 1992 John Landis

 


 

morse.jpg Morse, 2008, de Tomas Alfredson

 

 

 

A l'ère du cinéma moderne, trois films (à mon avis) sortent particulièrement du lot, marquant de leur empreinte très personnelle la saga des vampires :

 

1979 : Nosferatu, fantôme de la nuit, de Werner Herzog (Allemagne)

1992 : Bram Stoker's Dracula, de Francis Ford Coppola (USA)

1994 : Entretien avec un vampire, de Neil Jordan (USA)

 

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Sans oublier, plus près de nous, Blade de Stephen Norrington (1998), Van Helsing de Stephen Sommers (2004), I am Legend de Francis lawrence (2007), et oups ! j'allais l'oublier ! Twilight  de Catherine Hardwicke (2008)

 

 

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A (re)découvrir jusquà plus soif... de sang... :)

 

© Marie Fontaine

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darklimelight 17/09/2011 15:37



@ Mymp : réparé pour l'oubli de Morse ! Quant à True Blood, même si la série est effectivement excellente, elle ne figurera pas ici car mon article ne concerne que le cinéma. Mais cela m'a donné
l'idée d'un article sur le même sujet, mais à la télé. Je vais chercher...



mymp 11/09/2011 12:39


Belle rétrospective sur les vampires. Je me rappelle avoir vu assez jeune le Nosferatu de Murnau qui m'avait beaucoup marqué (surtout ses ongles, je ne sais pas pourquoi !). En revanche, je
m'insurge ;) Tu ne cites pas le magnifique Morse qui est devenu un chef-d'oeuvre du genre et, dans un autre style, la série True blood qui, elle, a vraiment redynamité le mythe du vampire à sa
façon (avec beaucoup de sexe et de trash !).


Bob Morane 09/09/2011 20:54


Euh... et Buffy ??? et Laisse-moi entrer, ou Nous sommes la nuit. Et encore Lesbian Vampire Killers trop délirant. Mais bon.
Sinon, sympa ton blog