Le livre qui rend dingue, de Frédéric Mars

Publié le par darklimelight

 

 

Le livre qui rend dingue

 

Commençons l'année 2013, que je vous souhaite excellente à tous points de vue, avec une nouveauté publiée par la maison d'édition numérique Story Lab...

N’importe quel écrivain, même celui qui, faussement modeste, affirme avec véhémence ne pas écrire pour la gloire, en rêve. Il est le fantasme de tout bon possédé par la plume ou le clavier. Le seul. L’unique. LE LIVRE. Celui seul capable de contenter tous les lecteurs de la planète et de l’univers infini. Celui seul capable de rafler tous les prix littéraires, réconcilier l’irréconciliable, ou encore reléguer au rang de simples griffonneurs les plus grands auteurs de tous les temps. Pour faire plus court, Le livre qui rend dingue. Ce livre-là, un homme, anonyme parmi les anonymes, a réussi à l’écrire. Est-ce Frédéric Mars ? Peut-être...

Animé d’une verve savoureuse au service d’un humour dévastateur, l’auteur nous entraîne dans le sillage d’un écrivain en herbe, maladroit, que rien ne prédisposait à devenir cet être prodigieux que tous les lecteurs, sans exception, allaient s’arracher. Dès l’hilarant « Avertissement aux lecteurs » proposé à l’ouverture, le ton est donné : entre absurde, comique et fantastique, ce voyage livresque ne sera pas de tout repos. L’on savourera au passage la satire des milieux littéraires impitoyables et pitoyables, l’on s’interrogera sur les mystères de l’écriture tout autant que sur ses conséquences. Car écrire n’est pas un acte anodin et comme n’importe quel autre acte, il peut avoir son revers. Se pose alors la question de la responsabilité de l’écrivain, car aucun écrit n’est en fin de compte innocent. Subtilement, l’écriture s’oppose alors à l’oral : elle s’avère bien plus puissante, marquante, remarquable. Le livre qui rend dingue ne se dévoile d’ailleurs que par la lecture muette des mots qui le composent ; lu à haute voix, et qui plus est par son propre auteur, il perd toute magie et saveur, redevient ouvrage banal. On pressent alors que la liaison particulière et silencieuse qui unit un livre à son lecteur, par l’alchimie secrète qu’elle fait naître en eux, donne véritablement naissance au livre. Sans lecteur, il n’existerait pas. Sans conteste, l’âme que ce lecteur lui confère en le lisant parachève sa création.

On l’aura compris, sous ses dehors absurdes et humoristiques, Le livre qui rend dingue recèle des trésors de réflexion et s’impose d’emblée comme une ode des temps numériques – le support est-il vraiment si important ? − à l’écriture et à la lecture, difficilement indissociables. On ne pouvait rêver meilleur ambassadeur. Si vous avez reçu une liseuse pour ces fêtes, je vous conseille de découvrir ce e-book incontournable, gros coup de cœur en ce qui me concerne.

 

 

Pour en savoir plus, rendez-vous du côté de chez Story Lab...

© Marie Fontaine

 

Petite-fille-reveuse-Johann-Georg-von-Meyer.jpg

 

 

Petite fille rêveuse, de Johann Georg Meyer

Commenter cet article