Mardi 2 octobre 2012 2 02 /10 /Oct /2012 23:22

 

Pleins feux sur une maison d’édition numérique, STORY LAB, qui se démarque par sa volonté de proposer à son lectorat des textes d’une belle qualité littéraire, le soin apporté à la mise en page de ses e-books, sans oublier la beauté graphique de ses couvertures. Je chronique aujourd’hui l’une de ses plus récentes parutions : Les bouts de ficelle, de Grégoire Polet...


 

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Un jour et une nuit, dans Paris, plus précisément dans une rue de Paris dressée au cœur du récit comme la scène d’un théâtre. Un théâtre qui fourmille d’une multitude de personnages disparates, de tous âges, sexes, conditions. Ils se prénomment Emma, Jean, Alicia, Paulo, Irwing, Daniel... Ils sont attaché de presse, concierge, enfant, écrivain, mère, père, vendeur de Kleenex... Ils entrent et sortent dans le décor de cette rue, se croisent, s’entrechoquent, font un bout de chemin ensemble puis se séparent, un peu à la manière des protagonistes de la célèbre Ronde cinématographique de Max Ophüls.

On pourrait croire que le hasard seul mène la danse dans cette ronde littéraire imaginée par l’auteur. Mais il n’en est rien... Les bouts de ficelle sont agencés avec une précision quasi chirurgicale : chaque personnage est une note d’humanité posée par Grégoire Polet sur la partition d’une vie telle qu’il la décide, lui, le démiurge d’un monde de papier ; chaque moment, même le plus anodin, a sa raison d’être, finit toujours par trouver une place logique dans ce puzzle de visions fugitives.

Cette humanité orchestrée par l’auteur dans une mise en scène virtuose ne se donne pas pour autant facilement en spectacle, à grands coups de petits jeux obscènes, comme c’est souvent le cas dans une certaine littérature actuelle. Elle suinte au contraire délicatement, discrètement, là où on ne l’attend pas, du cœur et de la chair de gens tout à fait ordinaires. Les bouts de ficelle se révèlent un bouquet d’images et de sensations tourbillonnantes, servis par une plume habitée, que rien ne semble pouvoir arrêter. La forme épouse parfaitement le fond : l’écriture avance irrésistiblement et ricochant de personnage en personnage, emporte le lecteur dans le flot de cette journée particulière... Vite, très vite, car tout fond, tout se mue, tout avance et tout disparaît, pour ne plus exister que dans les feuillets d’un livre... On touche là à l’essence même de l’écriture : immortaliser sur le papier l’éphémère de la vie.

 

Pour finir, Les bouts de ficelle, à l’instar de cette humanité qu’ils racontent, si riche de sa pluralité, offre plusieurs niveaux de lecture, d’une simple galerie de portraits jusqu’à une vision métaphorique de la vie et de la mort... C’est indéniablement la marque d’une vraie littérature. Celle qui interpelle et interroge l’humain au moyen d’une écriture en apparence épurée,  qui en dit cependant très long...

 

© Marie Fontaine

 

 

 

 

Par darklimelight - Publié dans : CHRONIQUE E-BOOK EXPRESS - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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