Parentèles, nouvelles de Frédérique Robert

Publié le par darklimelight

 

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Parentèles, un bien joli mot pour désigner  l’ensemble des parents qui forment les familles.  La famille est en effet le fil rouge qui relie entre elles les quatre nouvelles de Frédérique Robert, lauréate des 5èmes Gouttes d’Or de la nouvelle, organisées par l’association Du souffle sous la plume.

Les quatre histoires narrées par l’auteur nous transportent dans la province rurale d’autrefois, où les générations se suivent et se ressemblent : des êtres au verbe rare, allant parfois jusqu’à une complète impossibilité de s’exprimer, dénués de tendresse, comme sculptés à coups de serpe dans la terre dure, ingrate et exigeante qui les a fait naître ; des êtres pliant le cou sous le carcan d’une moralité religieuse rigide, fortement ancrée dans leurs mœurs. Nés pour filer droit et reproduire naturellement les précédents schémas familiaux, les seuls qu’ils connaissent, certains se heurtent néanmoins à l’imprévisible  grain de sable qui enraye brusquement le mécanisme de leurs existences. Les réactions surprennent alors le lecteur, par leur violence inouïe, autant physique que mentale.  Chacune des nouvelles met en scène un personnage confronté à ses propres limites, contraint de les dépasser pour ne pas se laisser dévorer de l’intérieur par la haine. Seule la grand-mère Floss choisit instinctivement de ne pas céder à la violence pour s’accorder une vengeance qui serait pourtant légitime au vu des outrages qu’elle a subis.

Parentèles, vous l’aurez compris, décrypte l’instant X où la goutte de trop fait déborder le vase. Dans ce recueil, l’auteur dépeint les mœurs d’antan d’une plume précise, parfois acide. Chacun de ses mots est pesé, habilement serti dans la trame des histoires de ces hommes et femmes étonnamment vivants. Un humour basé sur le comique de situation, comme dans la nouvelle Dans l’intimité des Bordeau, vient avec bonheur alléger la tension palpable entre les pages. Avec le recul, on se dit que finalement, l’époque décrite par Frédérique Robert n’est pas si éloignée de la nôtre et que la violence continue à faire partie du quotidien de tant d’humains... Seul bémol : le recueil est trop court, on arrive très vite à la fin. C’est bien dommage, une écriture d’une telle qualité, on en redemande !  

 

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© Marie Fontaine

 

 

Publié dans CRITIQUES LIVRES

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